Gouvernance

Le discours très technicisé autour de la gouvernance a conduit à envisager celle-ci en dehors de la participation citoyenne ou à séparer les volets de l’efficience institutionnelle et de l’exercice de la citoyenneté, comme si l’efficacité justifiait la mise à l’écart des citoyens. En outre, la gouvernance a souvent été associée à la bonne gouvernance, à savoir le respect de certaines réformes structurelles préconisées par les bailleurs internationaux. Notre définition de la gouvernance entend échapper aux précédents sous-entendus en ne postulant pas le sens de la gouvernance. Celle-ci est envisagée comme un ensemble d’activités régulatrices entre des acteurs étatiques et non étatiques. Une telle perspective a deux corollaires : 1) une reconnaissance de la dimension politique de la gouvernance : les relations entre les acteurs sont aussi fonction de rapports de force. 2) Une prise en compte des institutions et plus particulièrement du rôle de l’État dans la régulation des sociétés. Ce cadre conceptuel permet d’appréhender la façon dont certaines interventions internationales peuvent remettre en cause la souveraineté des États. Or si ces derniers peuvent être fragilisés ou corrompus, leur rôle demeure essentiel sur le long terme pour œuvrer à une gouvernance efficiente.

L’objectif des réflexions menées dans cet axe est de déterminer les architectures institutionnelles pertinentes aux exigences d’efficience de la gouvernance tout en favorisant l’empowerment du citoyen et une distribution équitable des ressources. Si nos analyses prennent évidemment en compte la dimension structurelle de la gouvernance, elles ne négligent pas pour autant les facteurs culturels, voire identitaires, susceptibles d’influer sur le fonctionnement des architectures institutionnelles.
Afin de satisfaire cet objectif, nous privilégions une perspective comparative. Il s’agit à travers l’analyse approfondie et inductive d’un nombre limité de cas et par le recours à des expériences contradictoires de déterminer les éléments de l’intervention qui influencent les modalités de la gouvernance. Enfin, notre démarche entend croiser court et long terme. Cette approche est requise par notre prétention à saisir des processus micro-politiques et à les relier à l’action d’intervenants internationaux. Elle est indispensable à la compréhension de la dimension concrète de la gouvernance et des rapports de pouvoirs initiés entre les acteurs locaux et globaux.

- Équipe de recherche : Caroline Patsias qui agit comme coordonnatrice et responsable, Philippe Leroux-Martin, Bernard Duhaime, Philippe Dufort, Valéry Ridde, Angel Saldomando et Bonnie Campbell.

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